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Victime d'isolement et de contention, Sabrina attaque en justice l'hôpital Paul-Guiraud de Villejuif !



Victime d’isolement et de (...)

La Commission des Citoyens pour les Droits de l’Homme (CCDH) dénonce les pratiques barbares d’isolement et de contention, bien trop souvent répandues dans les hôpitaux psychiatriques français. Les bénévoles de l'association manifesteront le samedi 13 mai :

- De 9h30 à 10h15 devant l’hôpital Paul-Guiraud, au 54 Avenue de la République à Villejuif,
- De 11h à 11h45 devant l’hôpital Sainte-Anne, à l’angle de la rue de la Santé et de la rue d’Alésia à Paris.

D’après le Docteur Cédric Grouchka de la Haute Autorité de Santé, les mesures d’isolement concerneraient 25 000 à 28 000 patients en France chaque année. Ce qui représente une hausse de 27% en cinq ans.

Dans un article récent du journal Le Parisien, Sabrina, une jeune femme de 36 ans, témoigne de l’enfer qu’elle a vécu au sein de l’hôpital psychiatrique Paul-Guiraud, à Villejuif. Elle vient de déposer un recours contre cet établissement, auprès du tribunal administratif de Melun, pour « traitements inhumains et dégradants ».

En juillet 2006, Sabrina, alors âgée de 25 ans, se retrouve internée sans son consentement, à la demande de son père. À l’époque elle est anorexique et à son arrivée à l’hôpital, elle refuse de guérir et ne reprend pas de poids. Un médecin s’agace et dit : « Pyjama et chambre d’observation ». C’est alors que des infirmiers l’emmènent dans une petite pièce avec pour seul équipement, un pot et un lit. Comme dans les années 1950. Sabrina passera un an en isolement, avec peu de sorties.

Lorsqu’elle s’exprime sur le cauchemar qu’elle a vécu, elle dit : « Je me souviens des craquelures du plafond et des oiseaux à travers les barreaux. J’étais devenue un animal qu’on gave. »

La jeune femme critique également le rapport de force constant qu’elle subissait, particulièrement lorsque cinq infirmiers l’attachaient de force au lit avec des sangles. Ce scénario se répète et dure un à deux jours à chaque fois.

Aujourd’hui, Sabrina entend encore les hurlements des patients, dans ses cauchemars. C’était il y a dix ans, et pourtant elle n’a jamais oublié les conditions d’hospitalisation semblables dit-elle, à « un emprisonnement ».

Une infirmière en région parisienne témoigne sur ces pratiques utilisées en psychiatrie : « On a évoqué les mesures d’isolement et de contention il y a quelques mois lors d’un comité technique d’établissement. On constate une hausse de ces pratiques dans tous les hôpitaux de France. [...] Les patients se sentent délaissés, tournent en rond, leur mal-être ne fait que décupler. Il y a quelques années, je me souviens d’une femme qui était restée 65 jours à l’isolement ! »

Afin de limiter ces mesures, la Haute Autorité de Santé (HAS) a formulé le 20 mars dernier, des recommandations pour encadrer les pratiques d’isolement et de contention au sein des hôpitaux psychiatriques.

Le Docteur Cédric Gouchka, de la HAS, a déclaré que : « En aucun cas le manque de personnel ne peut être un prétexte pour priver quelqu’un de liberté. Il faut limiter les abus... » et lorsqu’il s’exprime sur la contention, il dit ceci : « […] Des signaux montrent toutefois que cette pratique est également en augmentation. Il faut absolument limiter ces mesures. [...] »

De plus, le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) avait publié, en 2013, un rapport intitulé « Isolement et contention dans les établissements de santé mentale ». Ce rapport dénonçait les nombreux dysfonctionnements en matière d'isolement et de contention et formulait des propositions concrètes pour faire évoluer les pratiques.

Dans son rapport, le Contrôleur émet un certain nombre de recommandations :

- La mise en chambre d'isolement doit impérativement constituer une mesure de dernier recours ;
- La contention, si elle est utilisée, doit l'être de façon très brève ;
- Toute décision de contrainte physique doit être dûment motivée ;
- Les droits fondamentaux et la dignité des patients doivent être respectés ; etc.

La CCDH a ainsi prévu de manifester devant l’hôpital psychiatrique de Paul-Guiraud afin de dénoncer les abus en matière de contention et d’isolement, au sein de cet établissement. Elle manifestera également devant l’hôpital psychiatrique de Sainte-Anne à Paris car des traitements inhumains et dégradants y sont également commis.

La Commission des Citoyens pour les Droits de l’Homme dénonce ces abus depuis plus de 40 ans en France et elle soutient les recommandations du CGLPL.

Contact : 01.40.01.09.70 ccdh@wanadoo.fr



Voir en ligne CCDH FRANCE : www.ccdh.fr