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Qwanturank, c'est la fin et quelle tristesse !



Cela va faire 6 mois que le concours Qwanturank a commencé. 6 mois de compétition qui seront finalement presque passés à travers à cause de la crise du Coronavirus. Ce mercredi 3 juin, est donc prévue la fin de ce triste concours de référencement.

Qwanturank

Qwanturank, le concours

En décembre dernier la société Qwant, éditrice du moteur de recherche éponyme, lançait, presque en catimini, un concours de positionnement sur son propre outil.

Presque en catimini, puisque les échos escomptés n’ont pas vraiment su se faire entendre au lancement du jeu. Ce peut être parce que l’ancien président Eric Léandri était déjà en état de disgrâce auprès du board Qwant. Peut être sinon, parce que l’actualité de l’automne n’était pas favorable au moteur de recherche français, à qui on attribuait des pertes abyssales et une nécessité absolue de refinancement ; tout cela sur teinte d’une polémique persistante sur la viabilité de son algorithme et la légitimité de son financement public.

Personne n’a donc fait une pub démesurée pour le concours Qwanturank, pas plus d’ailleurs les concourants, SEO professionnels et amateurs, qui n’ont pas non plus cherché outre mesure à annoncer le concours, mais certainement pour d’autres raisons : moins d’inscrits = plus de chances de gagner.

Ce jeu était pourtant original. En effet, si les concours SEO ont été nombreux depuis leur invention, c’était bien la première fois qu’un moteur de recherche en organisait un de son propre chef afin d’améliorer sa technologie.

Le relais n’a donc pas été très important, à priori totalement francophone, puisque malgré les gains annoncés nous n’avons à priori pas pu observer les stratégies déployées par les SEO allemands, espagnols, anglais ou encore américains.

Une fin de concours bien tiède

Pendant tout le temps du concours les participants sont resté dans le flou. La société Qwant n’a jamais vraiment su communiquer sur son concours et moins encore l’animer.

En effet, si début décembre 2019 une page spéciale était lancé pour expliquer les règles et organiser les inscriptions : qwanturank.com, après ce fût le silence total.

Les twittos participant au jeu ont pu voir apparaitre un compte s’annonçant comme compte officiel (je ne suis à ce jour toujours pas absolument certain qu’il le soit, même si à priori le contraire serait aujourd’hui étrange). Ce compte a publié sporadiquement des posts au cours des 6 mois, mais aucune communication significative. Jusqu’à une annonce plus claire ces derniers jours, annonçant bel et bien la fin du concours. Il faut dire qu’avec les changements massifs qu’a vécus Qwant au cours du dernier semestre, il était parfaitement légitime de se demander si Qwanturank était bel et bien maintenu.

Aux titres de ces changements on peut bien entendu annoncer la démission, ou changements de postes de nombre des cadres dirigeants, parmi lesquels le président fondateur et instigateur du concours Eric Léandri. Les démissions en chaine et communications de certains ingénieurs ont aussi laissé planer le doute. Sans parler des faits, comptes négatifs et changements stratégiques annoncés dans la presse. On a au final pas mal entendu parler de Qwant (également pour son contrat signé avec Huawei), mais alors absolument pas du concours !

Qwant a t-il pu démontrer sa viabilité ?

C’est compliqué de répondre à cette question. A vrai dire de quoi en ressort-il quand on parle de sa viabilité ?

Sa viabilité à gérer un index important de sites indépendamment du moteur de recherche Bing ? NON !

Non en effet on a pu constater que si Qwant dédiait bien son algorithme d’indexation et de classement au concours Qwanturank, celui-si s’avérait rapidement très limité. A vrai dire, assez pertinent dans la restitution d’un classement, mais dans l’incapacité de classer plus de 50 pages quant dans le même temps le moteur de recherche Google en restitue plus de 190.000.

On a donc pu constater que la technologie de référencement de Qwant savait indexer des pages, mais avait beaucoup de mal à prendre en compte le volume de contenu des sites proposant de trop nombreuses références.

On a pu constater que Qwant était dans le cadre du mot clé choisi : Qwanturank totalement indépendant de Bing et proposait une SERP plus pertinente que son partenaire.

Dans le même temps on a aussi pu constater qu’en dehors de termes génériques, ou expressions choisis humainement, Qwant était incapable de présenter un classement personnalisé et géré par son algo. En d’autres termes, dans l’ensemble, sauf exceptions, dès que vous tapez deux mots ou plus dans votre recherche, ce sont les résultats de Bing qui ressortent. Et sans l’avoir outre mesure analysé, j’ai aussi le sentiment que passé les 50 premiers résultats, sur un requête, gérée par l’algo de Qwant, on retournait sur du Bing.

Qwant nous a t-il montré sa viabilité à composer un index de pages / sites ? NON !

On a pu constater que le robot Qwantify crawlait nos sites. On ne lui reproche pas le temps de digestion et d’analyse extrêmement long qui semblait de toutes façons évident dès le départ. En effet il semblait fondamentalement impossible que le moteur de recherche soit en capacité de déployer les capacités techniques comparables aux géants du secteur. On s’attendait d’ailleurs à en être très loin, avec comme point de référence, les début de Google notamment.

Qwant est donc bien capable d’indexer des sites, de convertir en vecteur le contenu des quelques pages indexées, probablement (et je n’en ai aucune mais alors aucune certitude) de compter des backlinks qui serviront ultérieurement pour le classement. C’est en soit déjà pas mal. Mais très franchement c’est vraiment très très insuffisant. En tous cas quant on annonce être un véritable moteur de recherche !

Qwant moteur de recherche, méta-moteur ou quoi d’autre ?

C’est difficile à dire, d’autant plus que je suis initialement plutôt partisan de l’opération Qwant. De la création d’un moteur européen, respectueux de la vie privé patati patata. C’est sur le papier noble et cela manque dans le paysage web, oui. Surtout au niveau du web français.

Mais avec un peu de recul, non Qwant n’est absolument pas un moteur de recherche. Son algorithme, bien qu’il soit en capacité de déployer des ressources technologiques que nous n’imaginons pas (bien que très loin des autres, comme dit plus haut), n’est absolument pas digne de ce qu’on appelle un moteur de recherche. Peut être aurait-il fallu se consacrer au web français, francophone, européen ??

Qwant est alors peut être plus un méta-moteur ? NON !

Ben non ! Bien que cela soit de cela qu’on se rapproche le plus ! Ne peut-être considéré comme méta-moteur celui qui ne se définie pas comme tel. Qwant soutien et continuera à soutenir (on vous dira pourquoi après) le fait d’être un moteur indépendant. Alors que dans les faits, nous avons un faible pourcentage des résultats de recherche provenant de sa technologie, contre une agrégation majoritaire des résultats de Microsoft Bing. Nous avons certes un "moteur de recherche de news" mais il faut être sérieux, on parle d’agrégation de flux RSS, ce que font des centaines de sites de toutes tailles. La version Junior souffre aussi des même biais. Puis pour le reste des fonctionnalités, telles que les vidéos, la musique et plus ... ce ne sont que des partenariats.
Qwant est donc bel et bien un méta-moteur, mais un très mauvais méta-moteur puisqu’il ne l’assume pas et ne se construit pas comme tel.

Et pourtant il semble que nous en aurions bien besoin, en tous cas qu’il y a de la place, pour un meta-moteur pertinent, riche et novateur. Et on parle bien d’un besoin français, francophone au mieux. Il y a un marché à prendre mais Qwant n’a pas pris le bon.

Pourquoi Qwant est voué à disparaitre ?

C’est triste de le dire mais tout est dans la stratégie. Nous faisons donc face à une société qui entend aujourd’hui prendre une nouvelle direction, tout reste donc possible. Je n’annonce absolument pas sa mort et j’espère vivement que Qwant saura rebondir, dans le sens mentionné plus haut, peut-être.

La partie moteur de recherche n’a pas lieu d’être. Celui-ci est technologiquement peut être meilleur que Bing, ça se trouve même que Google, mais jamais la société ne sera en capacité d’investir les milliards qui l’aideront à rattraper les années de développement d’un outil comme Google ! Un moteur ce n’est pas qu’une intelligence algorithmique, ce sont aussi des ressources technologiques, humaines, matérielles ... énormes. Nombre de géants n’ont jamais osé s’y frotter (Apple, Amazon, Facebook ...) !

On le sait pourtant depuis longtemps !

Oui au fond même si l’initiative était noble, les ambitions étaient courues d’avance. Puis au fond cette idée de moteur, de technologie, de mobilisation de l’intelligence nationale ... c’est juste du flan pour maintenir des financements et des subventions publiques.

Jamais les actionnaires publics et privés n’aurait lâchés autant de millions d’euros sur la présentation du développement d’un méta-moteur tel qu’on les connait. Sans idée novatrice le méta-moteur apportait quelle plus value ? La création d’un index propriétaire et de la sécurité dans la gestion des données, sont donc devenues le nerf de la guerre, le nerf du financement.

Chez Qwant on a très volontairement construit sur des perspectives de développement technologique afin d’obtenir des sous. Au fil des années, la société a su gérer sa communication, sortir de nouveaux produits n’améliorant pas sa technologie mais donnant à croire que la boite avançait bien. Mais très honnêtement je connais beaucoup de développeurs et autres professionnels du web qui avec 1000 fois moins de fonds, sans des dizaines d’ingénieurs, auraient pu faire au moins aussi bien. Encore une fois je ne parle pas de la technologie de l'algorithme développé, je sais que quoi qu’il en soit du boulot a été fait, des acquisitions de sociétés concurrentes aussi. Mais pour quel résultat ?

Il y a donc de la technologie, de l’intelligence, mais celles-ci ne sont absolument pas compatibles avec le projet d’index indépendant. Esperons qu’il sauront tout de même la valoriser pour en faire quelque chose, notamment dans le domaine de la recherche dans les datas des entreprises etc ...




Mots clés : referencement -