communique de presse gratuit

>
> La glace fond, les gens se réveillent !

La glace fond, les gens se réveillent !



La température trop chaude des derniers temps commence à faire fondre le scepticisme et à réveiller les gens à la véracité du réchauffement planétaire. Même les ours de Saint-Félicien seraient sortis de leur hibernation, rapportait Radio-Canada en fin de semaine dernière.

Avec une année s'annonçant encore plus chaude, autant sur le plan climatique que politique, le premier ministre canadien, Stephen Harper, a cru bon de refroidir la situation en remaniant son cabinet. Ainsi, Rona Ambrose, qui détenait le ministère de l'Environnement, s'est vu muter aux Affaires intergouvernementales et c'est John Baird qui l'a remplacée.

S'agit-il d'un revirement de position pour les conservateurs qui, depuis leur accession au pouvoir, ne cessent d'enrager les environnementalistes par leurs politiques accusées d'être faites sur mesure pour ne pas déplaire aux grands industriels qui ne tolèreraient pas une diminution de leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) et, par le fait même, de leurs profits toujours plus faramineux ?

Une chose est certaine, la température commence réellement à affecter le portefeuille des petites, myennes et grandes entreprises. Bien en évidence, les stations de ski paient une note salée. Le même sort est réservé pour les hôtels des environs qui, normalement, peuvent jouir d'une clientèle stable. Au bout du compte, des gens se retrouvent également sans travail, comme en Ontario à la station Blue Mountain qui a dû mettre de côté 1300 employés saisonniers et à temps partiel.

C'est peut-être cette dimension financière qui, finalement, fera réagir les gens qui profitent monétairement de la société de consommation et des énergies polluantes, et qui peuvent exercer une influence considérable sur les politiques des gouvernements. Car comme l'indique certains rapports d’informations, les changements climatiques pourraient provoquer des bouleversements économiques sans précédent.

Nous n'en sommes pas encore rendus là, mais l'opinion publique pourrait influencer le cours des choses. Les conservateurs savent maintenant que l'absence d'une politique environnementale intelligente pourrait les ramener dans l'opposition en peu de temps.

Alors le remaniement de Stephen Harper est-il un signe que le vent a tourné ? Certains groupes soucieux d'écologie ont accueilli le changement avec cynisme, tandis que d'autres espèrent une meilleure performance de la part de M. Baird.

« Changer son personnel ne change pas à vrai dire une politique », a écrit Steven Guilbeaut de Greenpeace dans un communiqué. « Ce remaniement ministériel est purement et simplement cosmétique. Si Stephen Harper souhaite gagner la confiance des Canadiens et des Canadiennes dont l’environnement est devenu le sujet de préoccupation principal, il doit changer complètement sa politique sur les changements climatiques et les questions environnementales, et pas seulement son personnel. »

La présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, croit aussi qu'il s'agit d'un changement « cosmétique ». « On remercie Rona Ambrose sans la punir pour services rendus. Manifestement, elle devait partir, compte tenu de sa performance désastreuse. Il ne faut cependant pas perdre de vue que Rona Ambrose était la fidèle exécutante du premier ministre qui interférait continuellement dans la course et tenait solidement la bride du cheval. On a beau changer de cheval, il faut le laisser se rendre à Kyoto. »

Le groupe environnemental Sierra Club mentionne également que sans mot d'ordre concret de Harper, Baird ne pourra accomplir quoi que ce soit. L'organisation soumet quelques recommandations aux conservateurs pour les remettre sur le droit chemin : un réengagement pour atteindre les objectifs de Kyoto et réparer la réputation du Canada sur la scène internationale ; mettre en vigueur des politiques pour réduire les GES et favoriser l'efficacité énergétique ; éliminer le 1,5 milliard de dollars de subventions au secteur pétrolier et gazier ; et amener une réglementation sur l'émission des véhicules selon le standard de la Californie.

Du côté de l'Assemblée des Premières Nations, dont les membres subissent de plein fouet le réchauffement climatique dans le Grand Nord canadien, leur chef Phil Fontaine se dit « accueillir favorablement » l'arrivée de John Baird à la tête du ministère de l'Environnement. Dans un communiqué, il explique que « de nombreux villages des Premières Nations, au nord du pays, sont directement touchés par le phénomène des espèces en voie de disparition et par le manque de routes d’hiver, essentielles à leurs économies régionales. »

Entre-temps à Montréal, le Parti vert du Québec a organisé un « pique-nique en janvier » sur le Mont-Royal pour refléter l'anormalité du climat. En raison du temps pluvieux, il a plutôt procédé à une dégustation de crème glacée… « Tout le monde au Québec commence à devenir conscient que la température monte, c'est pas naturel, c'est clairement le résultat des gaz à effet de serre et ça va profondément changer notre économie », estime Peter McQueen, candidat du parti dans Côte-des-Neiges.

Noé Chartier, [La Grande Époque- rubrique Canada >http://www.lagrandeepoque.com/content/view/1120/35/]




Mots clés : écologie - Canada - environnement -